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Voici plusieurs jours que je viens aux ateliers St Joseph. Ces ateliers, créés par Claude Templé recueillent des jeunes en difficulté, parfois rejetés par leur famille, certains ont même touché à la drogue, d'autres ont été envoyés par le juge. Ce lieu leur permet d'acquérir un métier et de retrouver une place dans le tissus social.  Il est animés par Claude Templé, Frédérique et Béatrice. Quand on entre dans ce Capharnaüm on trouve toute sorte de matériels, le ventre ouvert, qui viennent finir leur vie ici pour renaître dans une autre créature.

 C'est impressionnant, on se croirait chez le « patère » comme on dit chez nous, c'est-à-dire le ferrailleur qui récupère toutes sortes d'objets en principe destinés à déchèterie. Ici, rien ne se perd tout se transforme selon la loi de de Lavoisier. Je reste plusieurs jours pour capter des images et suivre les jeunes dans leur réalisation. Je loge pour cela à la paroisse Sainte Bakita où réside Claude. 

Le responsable des ateliers St Joseph

C'est une grosse paroisse de banlieue.  En dehors de l'axe principal goudronné qui relie Cotonou au Nord et qui traverse Calavi, le reste n'est que de la piste, on a l'impression d'être en pleine campagne et pourtant, c'est une ville qui s'étend, faisant disparaître la brousse à une allure vertigineuse. Il y a quelques années, des singes venaient tout près du Centre Brésillac, (maison de formation internationale pour les Missions Africaines) me dit-on. Le Centre restera le rare poumon vert de cette banlieue, à l'image de la Maison Régionale SMA à Cotonou. Je vous invite à regarder Cotonou avec Google Earth, la seule tache verte de la ville c'est la Maison Régionale. À côté du Centre Brésillac, il y avait la forêt sacrée, elle n'a pas résisté à l'urbanisation sauvage ; l'argent a été le plus fort.

Pourtant, le monde religieux domine la vie béninoise, dès cinq heures ce sont les muezzins qui appellent à la prière. Leur mosquées est équipée d'une sonorisation inversement proportionnelle à la taille du bâtiment. Il n'est pas bon d'être voisin d'une toute petite mosquée ! Dans ma tournée en brousse avec Bernardin, j'ai remarqué un nombre impressionnant de petites chapelles de toutes confessions.

menuiserie

Dans la rue qui longe la paroisse, parmi les divers petits ateliers beaucoup portent un nom à caractère religieux. Il y a même une blanchisserie au titre évocateur : « La Vierge Marie en est capable » de quoi faire me direz-vous ? Hé bien de laver plus blanc que blanc comme disait Coluche. À la paroisse, en semaine, deux messes par jours sont célébrées. L'ancienne église, immense apatam (sorte de préau) de taules, rassemble, matin et soir, plus d'une centaine de personnes, et il y a la quête ! Les gens se lèvent pour aller déposer leur offrande dans des urnes placées au milieu des allées et protégées par de gros cadenas, impressionnant ! Avant ou après la messe, c'est le temps des dévotions vers son saint privilégié : beaucoup de petits sanctuaires avec troncs. J'ai remarqué que le sanctuaire de Sainte Bakitaétait moins fréquenté que les autres saintsplus traditionnels. Après la célébration eucharistique, les gens nous demandent de bénir des images pieuses, croix et chapelet mais aussi de l'eau. Une grande aura entoure le prêtre qui pourrait être tenté de se laisser séduire par ce pouvoir.

J'ai été touché par l'attitude d'un enfant de quatre ans devant un des sanctuaires, je n'avais malheureusement pas mon appareil pour capter une si belle attitude de prière. Il était debout, les yeux baissés, dans un dialogue silencieux et recueilli. C'est sur cette image que je vous laisse et vous donne rendez-vous au prochain message.