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Le lendemain en route pour Nikki avec Rafael qui monte vers le Niger, il a des valises à laisser à Nikki, on ne s’est pas vu depuis longtemps et on a beaucoup de choses à se raconter ce qui fait que le voyage semble court.

Une église pleine ! 
La route du nord est en réparation et presque terminée. Elle semble de bonne qualité, pas de ce mauvais goudron qu’on met souvent et qui ne résiste pas avec les camions de combustibles du Niger et du Burkina qui font facilement 70 ou 80 tonnes de poids sur des châssis de semi-remorques ordinaires. En plus, ils ont mis des plots pour que les camions ne puissent pas passer, il faut donc se faufiler entre eux mais ensuite la route est libre ce qui la rend assez rapide. A Nikki, le président du Conseil pastoral vient me saluer. Très rapidement, on parle politique avec les gens qui sont là : ici, on est pour « Lionel ». Le problème pratique, ici c’est l’eau ; les forages qui alimentent la ville sont déjà à sec en janvier ! Depuis 48h, on n’a pas eu d’eau de la ville et le puits est pratiquement sec aussi.

madeb à Nikki après la messeLes choses avancent à Bouka
Les choses avancent à Bouka Le lendemain, samedi, Jésus, mon confrère espagnol de Bouka vient me chercher pour passer la journée avec lui. Bouka est en pleine brousse, une zone de nouvelle évangélisation depuis quelques années où un certain nombre de communautés ont commencées. Il me montre les constructions qu’il a faites pour accueillir les internes du collège : comme ça les chrétiens ont un lieu où ils peuvent rester quand ils viennent des villages pour le secondaire, sans dépendre d’une famille musulmane. Il est aussi en train de construire un bâtiment pour accueillir les réunions de catéchistes et présidents des communautés des villages. Il me parle des difficultés à cause des routes.

animarices du madeb nikkiComme cette région produit pas mal de coton, ils ont passé le grader pour aplanir les principales pistes mais ça ne va pas durer. Il me parle aussi de quelque chose que je vais entendre de nouveau et souvent durant ce voyage : la recrudescence de la sorcellerie… On pensait avoir dépassé tout cela et voilà que ça revient au galop. Jésus me ramène le soir à Nikki ou m’attendent le nouveau curé Henry et Vijey, un jeune prêtre indien. On parle jusqu’à tard le soir de ce qu’on peut faire sur la paroisse, de comment le faire. Je suis en admiration en voyant leur désir de bien faire les choses. Le lendemain, messe à Nikki, il me faut me familiariser de nouveau avec l’encens et la cohorte d’enfants de chœur bien rôdée qui m’entoure. Je suis content de voir que l’église que certains avaient dit beaucoup trop grande est remplie. Après la messe, les groupes se réunissent : ceux qui traduisent les lectures dans les différentes langues, les enfants, les jeunes, etc. Dans l’après-midi, une discussion avec les catéchistes qui animent l’émission de radio en bariba et en peulh : comment continuer ? Comment obtenir une aide pour payer les frais d’émissions ? On essaie de trouver une solution. La retraite du diocèse Et je m’en vais à N’Dali pour la retraite des prêtres du diocèse que je dois prêcher jusqu’au vendredi. Je suis content de voir le climat de fraternité qui règne entre tous : un trésor fragile que l’on doit soigner. Ils sont une vingtaine avec leur évêque, Mgr Adjou. C’est un univers qui m’est familier et à la fois je le regarde comme de l’extérieur.

À suivre...

François Du Penhoat, sma