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Le lendemain je reprends la route vers Djougou avec arrêt pour la nuit à N’Dali. A Djougou, je trouve Michel L’Hostis. Il est « recteur » du sanctuaire diocésain. Il dit la messe ici chaque matin et expose le Saint Sacrement le matin à la fin de la messe jusqu’aux vêpres du soir où vient beaucoup de monde.

Un diocèse qui bouge 
Il est aussi vicaire épiscopal pour la vie religieuse et aumônier des jeunes. Il fait partie de l’équipe sacerdotale de la cathédrale et va souvent dire la messe dans les stations qui dépendent de celle-ci. Il a avec lui une équipe de sœurs pour s’occuper du sanctuaire, elles ont aussi un internat. Il m’emmène voir une chapelle en construction.

Quand j’arrive, l’évêque est en réunion avec bonne partie de ses prêtres. Ils m’invitent à déjeuner. La conversation roule sur l’Islam, les difficultés et les essais de dialogue qu’ils font. Ils sont à la veille du rassemblement diocésain. Déjà un groupe de 250 jeunes est parti d’une paroisse à pied pour rejoindre le lieu de pèlerinage. Ils vont marcher 3 jours. J’aurais l’occasion de les rencontrer à Djougou, marchant, priant et chantant. Quelle chance de pouvoir partager ce qu’ils vivent et de contempler ces efforts conjugués et ce dynamisme…

Une visite de courtoisie
On va à Natitingou voir l’évêque. Il est heureux qu’on soit passé le visiter. Les pères SMA sont ses pères dans la foi, on est toujours content quand le papa vient visiter le fils. Il espère qu’un jour nous pourrons de nouveau lui envoyer des missionnaires…

Le car est bon mais la route est trouée
Puis je prends le car pour Cotonou. Michel m’amène à la gare au petit matin. Les taxis motos amènent les passagers. Des démarcheurs sont là qui cherchent des clients pour certaines compagnies de car. Le car est devenu un moyen ordinaire de voyager sur longues distances, ce n’est plus tellement le taxi de brousse réservé aux circuits locaux. Mais moi, j’ai réservé sur ATT, que l’on dit la meilleure compagnie avec car climatisé ! C’est vrai, mais la route est en bien mauvais état et même le meilleur car secoue beaucoup en slalomant entre les nids de poules. A mi- voyage il y a arrêt à Bohicon, une grande esplanade dans un lieu à part de la ville où arrivent les cars qui sont aussitôt assaillis par d’innombrables vendeuses, qui de bananes, qui de pain, qui de boisson. Je prends habituellement un sandwich avec de la viande. On mange, on se soulage et on repart sur Cotonou.

Dans un paradis
Le lendemain me voilà au centre Brésillac pour l’année spirituelle. Il y a là une trentaine de séminaristes qui y passent un an. Je suis venu surtout pour voir notre confrère français Paul.

Paul est heureux. Il dit vivre dans un cadre de vie idéal, où on a pas à s’occuper des aspects matériels de la vie, il a le temps de préparer ses cours et surtout, en plus du cadre de vie, il a une équipe formidable. Il apprécie ses trois confrères : Hervé et Luc, ivoiriens et Raja, indien mais aussi tous ces séminaristes de plusieurs pays d’Afrique, USA, Inde et Slovaquie, un drôle de mélange ! Chacun a une manière différente de faire les choses mais la complémentarité est bonne. Ils sont heureux de travailler ensemble. Paul dit avoir parfois du mal à suivre les jeunes mais il sait que son rôle n’est pas de faire comme eux mais simplement d’être là avec ses qualités et son expérience d’ancien. Ses confrères reconnaissent son apport à la fois comme ancien mais aussi comme bon connaisseur de la Société par les différentes fonctions qu’il a occupées.

Le dimanche, il y a rencontre avec les laïcs qui appuient le travail du centre Brésillac. Ils se réunissent chaque mois pour voir comment faire pour aider. Durant les mois de vacances, la plupart accueillent un séminariste anglophone pour qu’il apprenne le français. Ca devient sa famille d’accueil. Une dame me disait depuis 20 ans qu’on fait cela, maintenant, je peux aller dans toute l’Afrique, j’ai des gens qui vont m’accueillir !

Rentrer !
Il faut déjà penser à repartir… Je passe voir mes cousins Yves et Pamela du Penhoat; Ils en sont à leur 4° année ici et bien attachés à cette vie cotonoise. Ils habitent à côté de l’aéroport et m’y emmènent le soir.

Qu’est-ce qu’on peut faire dans un avion de retour d’un tel voyage sinon merci ! Merci à Dieu pour voir son Royaume qui avance, merci à tous ceux qui y travaillent, merci à ceux qui m’ont accueilli. Je crois que la mission a un sens ; alors on continue !

François Du Penhoat, sma